Pierre-Yves Brandt met le doigt là où ça fait mal : quelle est donc cette religion qui prend sa source dans la notion de sacrifice, dans l’acte de « manger sa chair, et de boire son sang » ? L’auteur nous fait réentendre les mots de la liturgie de la Cène. Il démontre que le dernier repas est, d’un point de vue théologique, le moyen de « donner une issue de vie à la violence que nous portons tous en nous ». Jésus prononce des paroles volontairement provocantes qui ne demandent pas à être réalisées. Dieu n’a pas besoin de sacrifices. C’est nous qui avons besoin de sacrifices. Le sacrifice vient ritualiser la gestion de la violence, que P.-Y. Brandt analyse historiquement, anthropologiquement et bibliquement. Le sujet est très important et il est regrettable que le principe d’élaboration du livre ne valorise ni l’auteur, ni son exposé : juxtaposer ces 5 conférences atténue la vigueur de l’argumentation de l’auteur. Une réécriture des textes destinée à la lecture et non plus à l’écoute aurait été bienvenue.
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