articles du N° 167 - Juin 2003
( sommaire
)
Éditorial : Vers une nouvelle direction
Pour assurer l'avenir de notre publication,
le professeur Laurent Gagnebin, en avril, a été élu
prochain directeur et le professeur Raphaël Picon prochain rédacteur.
C'est volontiers que je leur passe la main. Mais afin de se mettre au
courant, ces deux personnalités m'ont demandé de continuer
cette responsabilité encore plusieurs mois jusqu'à une
date à fixer d'un commun accord.
Nous faisons confiance à ce “ tandem ”.
Dans ce cadre, désormais, le pasteur Pierre-Jean Ruff est invité
à rédiger des numéros spéciaux.
.
Nous n'avons pas l'intention de poursuivre longuement l'oeuvre heureuse
et bénéfique qui nous a été confiée
durant une quinzaine d'année. Pourquoi ? Les stressantes séances
de nuit exigent une promptitude d'esprit propre aux jeunes. Personnellement
la limitation de la liberté d'expression (interdiction de publication
du courrier des lecteurs critiquant la ligne de rédaction d'un
numéro), me parait sortir de l'esprit libéral et inacceptable.
Enfin “ il y a un temps pour tout ” et pour tous. Il convient
de laisser la place aux temps “ opportuns ”.
.
Pour les travaux, labeurs, soucis, “ opiniatreté ”
(selon le langage passé), notre récompense est l'amitié,
les encouragements, les approbations de très nombreux lecteurs
qui s'expriment par lettre, conversations, email, téléphone.
Cette confiante marche ensemble pendant des années a dévoilé
une communauté grandissante de foi, de sincérité,
“ de compagnonnage de misère, de royauté et de résistance
” (Apo. 1/9). Malgrès les difficultés de la presse
protestante de cette période, le nombre des abonnés n'a
pas cessé d'augmenter.
.
Dans les pages des prochains numéros nous vous accompagnerons,
Dieu voulant, lecteurs et responsables. Vous pouvez compter sur notre
loyauté vis-àvis de l'Évangile, notre ouverture
aux critiques et notre dévouement à l'égard de
chacun quel qu'il soit.
Des réflexions sur les années passées du journal
paraitront ultérieurement.
Christian et Solange Mazel
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sommaire du N°
Textes divers
Viens !
Viens mon peuple,
l'Esprit t'a préparé l'Évangile.
Avec mon Esprit
pars enfanter l'autre face de la terre
de la terre et des vivants.
Viens !
A ceux qui travaillent
donne le juste salaire,
à ceux qui n'ont pas de travail
donne l'espoir et ton respect,
à ceux qui souffrent
donne ta compassion
à ceux qui pleurent
donne ton sourire
comme l'aube d'un nouveau jour !
A ceux qui attendent
dans le froid de la solitude
donne la chaleur de tes mains.
A ceux qui ont faim
donne ton pain.
A ceux qui n'ont rien
donne ton bien.
Aux infaillibles de la vérité
donne la souplesse du jugement.
A ceux du mépris,
à ceux de l'échec,
à ceux de la souillure,
à ceux du péché,
aux diminués du corps,
aux infirmes du coeur,
aux affaiblis de l'esprit
donne ton amour
comme une source coulant
dans le désert de leurs jours.
Viens mon peuple
baptisé dans l'unique Esprit !
Viens et donne !
Pour créer avec moi
la terre des vivants,
prends les dons
qui te viennent de mon Esprit,
et puis viens,
suis-moi dans le vent !
Charles Singer
Buisson ardent
Le buisson de la Pentecôte
L'arbre de feu aux milles langues
S'illuminait dans l'air cendré.
Et les humains au coeur souillé
Contemplaient de loin le prodige
Où leur honte se consummait
Tandis que la gloire du ciel
Embrasait de nouveau le monde.
Grand arbre porteur de message
Tu brillais au petit matin
Tels les feux d'un bateau de ligne
Sur le brouillard fin de la mer.
Et l'incendie perpétué
Auréolait chaque aube grise
Car l'arbre ne se consummait
Ni ne taisait ses flammes vives.
Pierre Etienne
“ Étrangers et voyageurs... ”
La Bible, un livre d'air
La Bible est un livre qui est fait de beaucoup de livres,
et dans chacun d'eux beaucoup de phrases,
et dans chacune de ces phrases beaucoup d'étoiles,
d'oliviers et de fontaines, de petits ânes et de figuiers,
de champs de blé et de poissons - et le vent, partout le vent,
le mauve du soir, le rose de la brise matinale,
le noir des grandes tempêtes.
La Bible est le seul livre d'air, un déluge d'encre et de vent.
Un livre insensé, égaré dans son sens,
aussi perdu dans ses pages que le vent sur les parkings
des supermarchés dans les cheveux des femmes,
dans les yeux des enfants.
Un livre impossible à tenir entre deux mains calmes
pour une lecture sage, lointaine : il s'envolerait aussitôt,
éparpillerait le sable de ses phrases entre les doigts.
On prend le vent entre ses doigts
et très vite on s'arrête comme au début d'un amour...
Christian Bobin
Le Très Bas,Gallimard, 1992
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I Pierre 2 /11, Voici le temps des vacances
Voici le temps des vacances, où
beaucoup deviennent nomades, étrangers, voyageurs. C'est vrai
que certains croient voyager et traînent avec eux tant de choses,
objets, habitudes, ou passent tellement vite qu'ils sont sourds et aveugles
à toute nouveauté qui pourrait les atteindre.
C'est vrai aussi que certains qui restent dans les rues vides des
villes se mettent à voir, à entendre, à marcher.
C'est vrai encore que pour d'autres les vacances sont un arrêt
dans leur vie agitée et nomade, où ils ne pensent qu'à
chercher un trou et rester là ; mais peut-être que ceux-là
voyagent plus et mieux que certains touristes pressés, parce
que prendre le temps de regarder le ciel, les arbres, les fleurs, les
autres, c'est déjà pour beaucoup un voyage loin de ce
qui fait la matière même de leur vie quotidienne.
Notre vocation de chrétiens, c'est d'être nomade, de
passage, inadaptés, instables, en voyage vers un autre pays,
un autre royaume, plutôt de l'ordre du mystère et du rêve
que d'une prospective réaliste, mais qui pourtant brûle
déjà profondément dans l'espoir des hommes et les
déstabilise. Et cette instabilité, il faut la vivre au
jour le jour, dans nos rencontres, nos découvertes, et même
nos habitudes. Même à deux ou trois ensemble pour longtemps,
on n'a jamais fini de l'un vers l'autre - si on croit se connaître,
on se tue - même au bout de dizaines d'années. Il faut
s'avouer encore étranger l'un pour l'autre - si on est certain
du contraire, c'est qu'on a écrasé l'autre, qu'on l'a
enfermé, étiqueté, réduit, figé -
même après des dizaines d'années, on peut marcher
l'un vers l'autre, et aussi marcher ensemble vers ce monde qu 'on croit
connaître, qu'on croit pouvoir juger mais qui est toujours à
découvrir.
Être nomade, c'est aussi mettre sans cesse en mouvement toutes
nos certitudes, marcher sans fin vers la vérité, ne jamais
stabiliser notre foi.
La santé, la vie de la foi, c'est le doute.
Le doute, c'est une foi qui marche, qui se cherche et se retrouve
sans cesse, qui meurt et se recrée sans fin aux blessures et
aux cris du monde, et non une croyance repliée sur elle-même,
sourde et aveugle aux questions incessantes qui la mettent en marche.
Nos Églises aussi ne doivent jamais craindre d'être instables,
changeantes, incertaines, fragiles, c'est leur condition même.
Quand elles s'installent, elles sont dans une impasse. Quand elles
s'accrochent à leur passé, elles reculent. Quand elles
se mettent en cause, qu'elles se cognent, qu'elles se blessent aux signes
de l'avenir, c'est que le vent de Dieu les pousse et alors elles ne
savent plus où elles vont. Elles vivent dans une peur joyeuse
qui les entraîne toujours plus loin.
Le temps des vacances nous rappelle notre vocation d'“ étrangers
et voyageurs ”, pas de ces touristes qui passent à la surface
des choses sans aucun risque d'être changés, pas non plus
de ces évadés suicidaires qui se perdent, qui se fondent,
qui s'oublient, mais de ces explorateurs de la foi qui ouvrent grands
leurs yeux et leurs oreilles, qui se laissent heurter, bousculer par
ce qu'ils voient et ce qu'ils entendent et qui cherchent sans cesse
à y confronter ce qu'ils croient, à le redire, à
le revivre, à le recréer sans fin, d'étape en étape,
de découverte en découverte, à la poursuite de
celui qui a dit : “ Je suis le chemin ”.
Jacques
Juillard
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Sainte incrédulité
Personne n'est propriétaire
de l'Évangile.
Personne n'est le gardien
de l'Évangile.
C'est l'Évangile qui garde
les esprits
et les coeurs !
À l'égard de la foi,
à l'égard des croyances, nos réactions sont très
souvent paradoxales. D'un côté, croire revêt pour
nous une grande valeur. L'incrédulité nous semble un manque.
L'incroyant nous paraît rater une dimension fondamentale de l'existence.
Mais d'un autre côté, la crédulité nous paraît
synonyme de voie facile, voire de niaiserie. La crédulité
n'a rien de préférable à l'incrédulité.
Pour résoudre ce paradoxe, nous traçons volontiers une
frontière entre la “ bonne ” foi et celles qui seraient
mauvaises. Il s'agit alors du contenu de la croyance, et non plus de
la démarche de foi.
Dans l'Évangile, l'aspect paradoxal du croire était
déjà présent. Je pense ici au statut étonnant
de l'incrédulité dans le texte de Marc.
Bien entendu, nous avons en mémoire la réprimande de
Jésus à ses disciples, peu après la résurrection.
Il leur reproche leur incrédulité. Il est mauvais de ne
pas croire. Mais ce texte, nous le savons, a été ajouté
tardivment. Nous sommes au temps de l'Église. L'incrédulité
est alors une faute morale.
Il n'en est pas de même avant. Dans Marc VI/5, Jésus
est soudain incapable d'accomplir un miracle. Cela semble une “
panne ” de son pouvoir. À ce moment, il s'étonne
de l'incrédulité des foules. À cet étonnement
n'est associée aucune réprobation. Tout se passe comme
si la croyance était la règle, et l'incrédulité
une exception.
Plus loin, nous trouvons l'épisode célèbre de
la rencontre avec le père de l'enfant possédé.
Là apparaît dans l'Évangile cette phrase inoubliable
: “ Je crois ; viens au secours de mon incrédulité
” (IX, 24). Bien des indices permettent de dire qu'il s'agit de
l'une des clefs de lecture de l'Évangile. Il apparaît vers
le centre de l'Évangile, après la deuxième multiplication
des pains, entre deux annonces par Jésus de sa mort et sa résurrection.
Quand l'homme vient touver Jésus, il ne semble pas convaincu
d'obtenir un résultat : “ Si tu peux quelque chose... ”.
La démarche est hypothétique. C'est l'état d'esprit
de quelqu'un qui essaie un nouveau médicament, en supposant qu'à
défaut de faire du bien, il ne peut guère faire du mal.
Jésus, dans sa réponse, semble accorder une immense
valeur au croire. “ Tout est possible à celui qui croit
”. La réponse de l'homme est alors doublement paradoxale.
Il devrait dire : “ Je doute ; viens au secours de ma foi ”.
Il pourrait s'exprimer ainsi : “ Je crois, mais pas assez ; augmente
en moi la foi ”. En réalité il affirme une foi sans
faille ; “ Je crois ”. La certitude de cette conviction tranche
de manière étonnante avec l'aspect hypothétique
de sa démarche préalable. Le lecteur pourra supposer que
l'homme, à la rencontre de Jésus, a vécu une illumination.
Sa foi, timide jusque-là, est devenue certaine.
Mais cela ne suffira pas résoudre l'aspect énigmatique
de la réponse. En effet, l'homme ajoute :
“ Viens au secours de mon incrédulité ”. Dans
nos lectures habituelles, de manière très intuitive, nous
comprenons cette formule comme équivalente à celle-ci
: “ Viens au secours de ma foi ”. Le paradoxe est alors le
suivant : dans cette phrase, le mot “ incrédulité
” serait un strict équivalent du terme “ foi ”.
L'incrédulité et la foi seraient interchangeables. C'est
ainsi que le récit établit un décalage, par lequel
la réponse de l'homme demeure une question ouverte.
Cette question pourrait être posée ainsi. Et si l'homme
qui doute avait besoin qu'on vienne au secours de sa foi, tandis que
celui qui croit avait besoin qu'on vienne au secours de son doute ?
Si la foi, dans l'optique du Jésus de Marc, était une
rencontre indissociable entre l'acte de croire et la défiance
à l'égard des croyances ?
Cette lecture peut nous sembler étonnamment moderne. Toutefois,
dans le texte, quand l'homme dit : "“ je crois ”, il
ne dit nullement en quoi il croit. Quant au secours qu'il demande à
Jésus, il est bien sûr d'aider son fils, mais aussi l'incrédulité
qu'il ressent.
Ensuite, Jésus va dire à ses disciples que le miracle
eut lieu par la prière. Dans le récit, Marc ne dit pas
que quelqu'un a prié. La prière dont on nous parle semble
être simplement cette relation établie entre le père
de l'enfant, partagé entre foi et doute, et Jésus de Nazareth.
Souvenons-nous : lorsque Jésus n'arrivait pas à faire
des miracles, ses interlocuteurs étaient seulement incrédules.
Cette fois, il arrive à guérir.
Peut-être faut-il comprendre qu'une vraie relation avec la transcendance
est toujours un mélange de foi et de doute. La foi sans le doute
serait un fanatisme. Le doute sans la foi serait l'expression d'un refus.
Tout est possible à celui qui croit... pourvu qu'il sache aussi
demeurer incrédule !
Pierre-Yves
Ruff
Rédacteur en chef de Théolib - Paris
Théolib : revue trimestrielle du Libéralisme théologique.
P. Y. Ruff : appt 441 - 27, rue Thibouméry - 75015 Paris.
Tél. 01 56 56 86 41
Les dernières livraisons : (18) Libéralisme d'hier
et Libéralisme d'auhourd'hui (19) Eloge du doute (Gagnebin
- A. Gounelle) ; (20) Monothéisme ; (21) Sagesse et religion.
On peut demander un numéro pour information.
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sommaire du N°
Ali et la harpe d'argent
Dans l'Europe continentale les
médias ont focalisé unitéralement pendant quelques
jours l'émotion des gens sur les drames de la guerre en Irak.
Les actualités ont changé leurs matraquages. Mais les
situations sociales, familiales et personnelles demeurent. Comment
ne pas évoquer les événements tragiques (dont
on ne parle pas) des guerres éthniques sub-sahariennes et les
dizaines de milliers de victimes et de morts. Les reporters montraient
pourtant une fois des petites filles (5 ou 6 ans) auxquelles un bras
ou les 2 bras avaient été coupés à la
machette par des guerriers sanguinaires. Quel avenir pour elles dans
leur société ? A travers cette image de Bagdad, nous
voulons nous rappeler et revivre tous les malheurs des guerres actuelles.
Christian Mazel
Quel beau titre et qui fait déjà rêver... Cela
pourrait être un conte, comme “ Jack et le haricot magique
”, ou un conte de Noël... ! Mais en réalité,
pauvre réalité, c'est une triste histoire, qui nous provoque
à réfléchir et à tenter de remettre sans
cesse à l'heure les aiguilles de nos pendules, de nos “
valeurs ” et de notre foi. Cette histoire, quand vous lirez ces
lignes, peut-être appartiendra-t'elle déjà au passé
: tout va si vite... Mais aujourd'hui où j'écris, c'est
un double drame, un double naufrage qui fait s'entrechoquer à
nos yeux la Grande et la petite H(h)istoire.
La harpe, merveille d'ivoire et d'argent, s'offrait à la contemplation
dans une vitrine du musée archéologique de Bagdad. Datée
de 30 siècles, elle venait des fouilles d'Ur. Cela ne vous dit
rien ? Mais si, la Genèse (11,31) “ Térah prit Abraham,
son petit-fils Loth et sa belle-fille Saraï. ils sortirent ensemble
d'Ur-des-Chaldéens pour se rendre au pays de Canaan ”. Cette
harpe est en quelque sorte, liée au destin d'Abraham, dont il
est écrit aussi (Gn 12,3) : “ Je ferai de toi une grande
nation et je te bénirai. Deviens donc une source de bénédiction.
Toutes les familles de la terre seront bénies en toi ”.
Mais loin de faire ruisseler la bénédiction, les nations
filles d'Abraham se sont lancé des malédictions dans lesquelles
a disparu, au titre des “ dommages collatéraux ”, ce
trésor émouvant. Cette harpe avait sans doute accompagné
de doux moments, festins joyeux, chants d'amour, comme David s'en servit
pour soulager Saül : “ Lorsque l'esprit de Dieu était
sur Saül, David prenait la harpe et en jouait ; Saül respirait
alors plus à l'aise et se trouvait mieux ” (1 Sa. 16,23).
Cette information sur le triste sort de la harpe millénaire
m'a frappée. Bien avant Indiana Jones, j'avais eu très
tôt la passion de l'archéologie et, jeunette encore, je
m'étais attaquée au grec, à l'égyptien,
au sanskrit, pour marcher sur les traces de Champollion. Et, comme le
bondissant héros des “ Aventuriers de l'Arche perdue ”,
je me suis imaginée arrachant au passé de tels trésors...
Or, le même jour, il y avait pour moi - et pour beaucoup- une
information, oh combien consternante, avec l'image du jeune Ali, gisant
dans un hôpital du même Bagdad : au titre des mêmes
“ dommages ” susnommés, il a perdu sous sa maison son
père, sa mère enceinte de 5 mois, son frère, ses
5 soeurs, et... ses deux bras, sans compter les brûlures au 3e
degré.
La harpe d'argent et l'enfant : deux gâchis immenses, mais à
des échelles si différentes. L'une, objet unique, rare,
précieux, inestimable. L'autre, un simple échantillon
parmi des milliards d'autres échantillons de cette banale espèce
humaine qui grouille à la surface du globe ; comme eux, promis
à la mort et à l'oubli le plus opaque, sans musée,
sans vitrine. A l'oubli ?? Voire !! Mais, si ma mémoire est bonne,
ce n'est pas ce qu'ensigne Jésus, ce n'est pas ce que je crois
du Dieu, du Père, qu'il nous révèle : “ Elle
a du prix aux yeux de l'Eternel, la mort de ses fidèles ”
(Ps. 116,15). “ Sois sans crainte (...) je t'ai appelé par
ton nom, tu es à moi ” (Es. 43,1). “ Une femme oublie-t-elle
son nourrisson ? (...). Quand elle t'oublierait, moi je ne t'oublierai
pas : voici, je t'ai gravée sur mes mains ” (Es. 49,15-16).
Le Ressuscité n'écrit pas l'Histoire des antiquités,
si belles et uniques soient-elles, dans leurs vitrines. “ Dieu
n'est pas le Dieu des morts mais des vivants ” (Mt 22,32). C'est
pourquoi il écrit l'Histoire avec des hommes, des femmes, des
enfants qu'il entraîne à sa suite dans la Vie pour ce jour
et demain. Ce sont d'eux, de nous, que doivent sortir les airs joyeux,
l'écho des festins partagés, les chants d'amour, les musiques
de consolation et de paix. Ali pourra-t-il encore chanter, et qui chantera
à ce fils d'Abraham la joie, l'amour, la consolation et la paix
? De quel festin sera-t-il encore l'hôte, à la place d'honneur
? Car elle a du prix au yeux de Dieu, la petite musique, unique et rare,
de l'enfant dont le nom est gravé au creux des mains du Père.
Je partage la tristesse nostalgique des “ Aventuriers de la Harpe
perdue ”, mais je suis encore plus affligée, car, sur les
rives des fleuves de Babylone, non seulement on pleure encore, et les
harpes sont endeuillées et muettes, mais on écrase encore
les enfants contre le roc (Ps. 137). Mais je veux, malgré tout,
donner ma foi au Christ, au grand Aventurier des Hommes perdus, au Berger
qui nous compte et nous recompte, et parce que le compte de la Grâce
y est toujours, dit toujours au Père : “ Je n'ai perdu aucun
de ceux que tu m'as donnés ” (Jn 18,9).
Christine
Leis-Durand
Pasteur Aumônier en milieu hospitalier
Paris, avril 2003
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De la liberté
Tant que je suis dans un chemin
que je décide, je risque d'être dans la répétition
ou dans la réparation de ce que j'ai reçu dans mes modèles
éducatifs. “ Je fais comme ” ou “ je fais contre...
”, mes parents, l'Église ou la société. Dès
que j'entre dans un chemin qui m'est offert, j'entre dans la liberté.
La liberté, c'est de ne pas choisir, mais d'être choisi,
et de s'abandonner. “ Je choisis" ”est une illusion de
liberté, car je choisis toujours en fonction de comportement
de réparation ou de répétition. Être libre
n'est pas choisir. C'est de ne plus avoir à choisir. C'est accepter
d'être choisi, appelé, promu, dans la jouissance de ce
que je reçois.
La vie n'est pas ce que j'en fais, mais aussi ce que j'accepte qu'elle
fasse de moi. Comment est ce que j'accepte de me laisser surprendre
et guider ?
Ce qui m'étonne, c'est que souvent les personnes pressentent
depuis longtemps où elles doivent aller, comme si elles étaient
conduites vers ce choix mais sans avoir été en mesure
encore de l'écouter.
Comme s'il fallait passer par un temps d'attente, mais aussi d'épreuves
dans son couple ou dans sa vie professionnelle, pour enfin accéder
à un choix plus juste c'est-à-dire plus conforme à
un désir profond, à sa mission ou qui permette d'occuper
sa vraie place.
Trouver ce chemin de liberté, c'est le moment où il
y a adéquation entre ce qu'il y a de plus profond en moi et ce
vers quoi je me sens appelé.
Cette expérience d'être trouvé, rencontré,
n'a parfois lieu qu'une seule fois dans sa vie, dans des moments de
crises et de choix existentiels profonds qui réorientent toute
l'existence.
C'est une invitation à habiter le meilleur de soi même.
C'est un moment qui nous autorise enfin à investir toutes nos
capacités.
Cela nous fait vivre une sorte de retournement, où nos forces
peuvent nous surprendre. Nous pouvons devenir ravi, transporté
par nous-même, alors que jusque-là nous étions tirés,
retenus par nos peurs. C'est une expérience spirituelle d'illumination
et de conversion. C'est le moment où nous prenons conscience
que nous sommes portés dans une identité au-delà
de nous-mêmes.
C'est finalement très libérant de penser que nous ne
sommes jamais, et à la fois toujours, à la hauteur de
ce vers quoi nous pouvons êtres envoyés. Nous nous surprenons
nous-mêmes.
Notre conviction ultime c'est que notre vie prend pleinement son sens
lorsque nous nous dessaisissons de notre puissance. Lorsque nous acceptons
d'être au service de l'autre et de Dieu. C'est en devenant petit
que nous devenons grands, c'est-à-dire en entrant dans une mission
offerte que je trouve du sens. Accepter sa mission, c'est en partie
renoncer soi-même et laisser toute la place à ce vers quoi
je me sens appelé.
C'est un retournement. C'est là que je peux m'ouvrir à
la liberté.
Jean-Paul
Sauzède
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La paix en questions
Pour avoir la paix...
Nous nous isolons dans notre petit monde à nous,
chacun séparé de l'autre par ses silences,
ses méfiances ses peurs peut-être.
Une communauté selon le coeur du Christ
c'est au contraire l'accueil,
l'écoute,
le risque de la rencontre,
la communion...
La Paix est un travail,
c'est une tâche.
Il faut faire la paix comme
on fait du blé.
Il faut du temps pour faire la paix
comme il faut des années pour faire une rose
et des siècles pour faire une vigne.
La paix n'existe pas à l'état sauvage :
il n'y a de paix qu'à visage humain.
François Arnold
La paix en questions
Dans la première moitié
de cette année 2003, nombreuses ont été les manifestations
ou les déclarations en faveur de la paix. Il est permis pourtant
de se poser quelques questions quant au sens du mot “ paix ”,
car il ne semble pas toujours recouvrir la même réalité.
Signification des manifestations
Remarquons tout d'abord que la paix ainsi réclamée
est sélective. Voici quelques années, au temps de la
guerre du Kosovo, les manifestations pour la paix étaient beaucoup
moins nombreuses ; quand les bombes tombaient sur Belgrade, étaient-elles
donc moins meurtrières que celles qui sont tombées sur
Bagdad ? De même les protestations sont rares à propos
de la Tchétchénie, où il y a plus de morts, de
violations des droits de l'homme et de destructions que d'autres guerres,
y compris en Irak.
Des jeunes ont participé aux défilés de ce
printemps. On en a conclu qu'ils faisaient ainsi preuve de réflexion
politique. Pourquoi pas ? Encore que... cette interprétation
ne serait-elle pas trop optimiste ? Peut-on avancer une autre hypothèse
? Ce pacifisme-là lutte contre une situation de guerre dans
un pays étranger, alors que la situation du nôtre n'est
pas si paisible. Ces jeunes manifestent pour la paix ; mais vivent-ils
eux-mêmes en paix ? Ce refus de la guerre en Irak n'exprimait-il
pas un désir plus profond : celui de la paix en France ? On
est d'ailleurs en droit de se poser la question pour d'autres pays
que le nôtre : consciemment ou non, ces manifestations dans
le monde n'étaient-elles pas dirigées contre les gouvernements
? C'était le cas aux États-Unis, mais aussi dans d'autres
pays, y compris arabes.
Paix et société
Bon nombre de ces jeunes pacifistes vivent en fait dans des situations
de violence. Ils connaissent et vivent une atmosphère d'agressivité
permanente : bruits de toutes sortes, banalisation des discriminations
racistes, y compris dans les lieux d'enseignement (avec, entre autres,
une remontée de l'antisémitisme), affrontements de bandes,
vandalisme (voire mise à sac de leurs équipements scolaires1).
Et tout cela sur fond d'instabilité familiale. Sur fond de
chômage aussi, avec économies parallèles, trafic
de drogue et autres, le tout ne se limitant certes pas au “ problème
des banlieues ” : le fait n'est pas circonscrit géographiquement.
Certains sociologues vont jusqu'à parler d'une “ société
paranoïaque ”, avec généralisation de la méfiance
réciproque, avec la projection sur l'autre de ses propres faiblesses
et de ses peurs, et des réactions d'écorché vif.
Dans le domaine civique, cela se traduit par le refus de gestes démographiques
(refus de voter), ou bien par un vote pour les extrêmes, de
gauche comme de droite. Cet appel incantatoire pour la paix n'est-il
pas un exutoire ?
Paix et conflits
Dans la perspective de ces manifestations, la “ paix ”
est définie négativement : comme la suppression ou l'absence
de conflits. Passons sur cette manière de voir, qui rêve
d'une vie sans conflits ; n'est-elle pas parallèle à
la recherche de la “ sécurité ” et aux discours
sécuritaires ? Serait-ce aussi le rêve d'une vie sans
obligation de choix ni responsabilité ? Politiquement, ce n'est
d'ailleurs pas si simple. Il y a des paix qui sont grosses de guerre.
Les traités de Versailles et autres, qui ont été
signés après une guerre qui devait être la “
der des der ”, celle de 1914-18, en est un bel exemple. De même
que, a contrario, il y a des guerres qui sont libératrices,
comme celle vécue en 1944-45.
Mais, surtout, une telle définition de la paix n'est que
le triste héritage de la paix romaine.“ Pax romana ”,
c'est une expression du philosophe Sénèque, né
à Cordoue au début de notre ère ; elle décrit
la domination d'un seul pays sur tous les autres, ce que nous critiquons
aujourd'hui comme “ unilatéralisme ”. Il n'y a plus
de guerre, puisque Rome règne sur l'Empire ! Le pouvoir des
légions est censé supprimer les conflits2, et il suffit
de crucifier les esclaves qui se rebellent.
La paix dans la Bible
Or, dans le langage biblique, la paix est différente de cette
suppression des conflits, opérée par la force, et donc
susceptible d'être déséquilibrée, si une
force plus puissante agit dans le sens opposé. On critique
volontiers l'atmosphère guerrière qui règne dans
l'Ancien Testament, les nombreuses mentions des “ ennemis ”,
de l'“ Éternel des Armées ”. On en oublierait
que la paix biblique n'est pas une notion négative, mais dynamique,
recherchant l'équilibre. Le mot hébreu “ schalom
”3 décrit en effet une situation vers laquelle on tend,
état de complétude, d'accomplissement, d'achèvement
(La même racine est employée pour l'achèvement
du Temple par Salomon, I Rois 7,51) ; ce peut être aussi le
rétablissement d'un état antérieur, y compris
au point de vue santé.
Le Nouveau Testament ne s'appesantit pas sur une paix politique.
En arrière-plan, Jésus décrit une situation où
rôdent les guerres, signes avant-coureurs de la fin des temps
(Marc 13, 5-8). L'Évangile tend vers une situation de paix
nommée “ le royaume ”, accomplissement de la création
et du salut. Il décrit, en attendant, une paix particulière,
qui ne repose pas sur les données de ce monde, et que seul
Jésus accorde aux siens (Jean 14,27).
Le mot “ paix ” est devenu dans notre culture un mot piégé4,
parce absolutisé, et sans référence à
d'autres valeurs ; d'autant que le laïcisme à la française,
dans ce cas comme d'autres, n'apporte pas grande nourriture. Serait-ce
une nouvelle idole, engendrée par l'angoisse et le manque d'espérance
?
Pierre
Stabenbordt
1. Plutôt que le récent pillage du musée de
Bagdad par des Irakiens, le parallèle ne serait-il pas l'action
destructrice des Khmers Rouges, ou celle des gardes rouges chinois
contre leur propre patrimoine ?
2. Dans les faits, la situation a été plus complexe,
d'autant que l'Empire a rapidement dû se protéger derrière
des murs !
3. En hébreu schalom est masculin, comme der Friede en
allemand, en anglais peace est neutre, alors que le latin pax est
féminin, comme la pace italien.
4. Il y en a bien d'autres, à commencer bien sûr
par le mot “ amour ”, et celui de “ grâce ”,
comme le faisait remarquer Laurent Gagnebin dans le numéro
de mai.
Fiche la paix
Si quelqu'un exige qu'on lui fiche
la paix
ce n'est pas nécessairement un homme de paix
La croix
Parmi les dommages
causés par la guerre
il y avait eu la chute de la grande croix
et la cassure des deux bras du Christ.
Un paroissien proposa au curé
de tenter la réparation.
Mais celui-ci répondit :
“ Je vous remercie sincèrement
mais je crois avoir une autre idée. ”
Et la croix - non réparée -
fut remise à sa place
avec une inscription interpellante...
“ Je n'ai plus d'autres mains que les tiennes ”
Et sans doute est-elle devenue
un signe plus parlant qu'avant sa chute...
La croix latine
La croix latine se présente
comme le développement de la surface d'un cube. Or, selon Jérôme
Carcopino, la pierre cubique était, dans l'Antiquité,
l'accessoire indispensable des initiations (...). D'autre part, le
cube est le symbole du Soleil dans le Pythagorisme (le chiffre 729,
cube de 9, s'y rapportait).
Le Père Carballe (...) pense que la croix dérive de
la stylisation de plus en plus shématique du corps humain.
Il lui attribut toutefois un caractère religieux.
D'autres ont trouvé dans la croix la représentation
graphique des organes féminins et masculins et, par suite,
l'emblème la fécondation, puis de la vie (...)
René Guénon mentionne el arkân, ou croix du
verbe, constituée par quatre équerres dont les sommets
sont tournés vers le centre. Quatre voies partent donc du centre,
ou y aboutissent, délimitant quatre régions de l'espace
(Points cardinaux) autour de la région-centre arkan, ou force
du monde. (...)
“ La croix, écrit Jung, a aussi la signification d'une
borne entre le ciel et l'enfer, étant érigée
au milieu du cosmos et s'étendent de tous côtés...
”
“ Idées pour tous ”
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Boudhisme et Christianisme : comparaison des démarches
Au point où nous en sommes,
nous avons à nous demander si les différences entre les
démarches des deux religions sont si profondes. Ces différences
ne résideraient-elles pas plutôt dans les mots employés
pour les décrire ?
Dans un cas, la recherche de l'“ éternité ”,
c'est-à-dire d'une vie véritable non-engluée dans
les souffrances et l'impermanence de la vie courante, la recherche du
calme absolu du nirvâna, du silence et de la paix qui l'accompagnent
est le fruit d'une méditation et d'une découverte selon
une certaine forme d'ascèse. Tout se déroule rationnellement
et est bien décrit par le Bouddha qui conduit vers une morale
de volonté et de perfection. Dans l'autre cas, l'homme s'efface
devant un “ Autre ” qui est aussi appelé Amour. L'éternité
est trouvée à travers la faim de cet Autre, dispensateur
de grâce qui vient au devant et au secours de l'homme. Seule cette
présence comble le vide de la vie. II n'y a pas, pour le chrétien,
d'éternité en solitaire, l'Autre est toujours présent.
Alors que le bouddhiste pense s'en sortir par la seule qualité
de sa pensée, de sa méditation, il y a chez lui un certain
retrait par rapport aux autres, presque un certain égoïsme,
doublé de pessimisme : encore une fois, son éternité
se gagne dans l'absolue solitude. Le chrétien se confie à
cet Autre, tout en ignorant presque tout de lui, mais il lui fait confiance
parce qu'ayant senti ce que lui apporte l'approche de la grâce,
il désire se nourrir de celle-ci en s'oubliant lui-même.
En français le mot “ grâce ” rejoint l'idée
de beauté. Une émotion de nature religieuse comme celle
de l'irruption de l'Autre en nous peut être ressentie un peu,
après coup, comme une émotion esthétique forte.
Cela ne doit pas étonner. La “ beauté ” ouvre
à l'idée de l'universel, de l'absolu et met sur une voie
de perfection et d'éternité. Par l'arrivée d'une
certaine forme de pensée, d'un certain sentiment de présence
(ou d'évasion hors du contingent), d'évidence, captée
ou seulement entrevue, se traduisent finalement les expériences
spirituelles auxquelles les deux religions amènent leurs fidèles.
Et cette étude peut prudemment se conclure par une mise dans
un certain parallélisme des descriptions, donnés par des
mystiques, de ces moments d'éternité, descriptions faites
à travers des termes qui se répondent plus qu'ils ne s'opposent
entre les deux religions :
Suspension du temps = éternité en face de connaissance
de la souffrance.
Suspension du désir égoïste = plénitude
en face de désir comme cause de souffrance.
Suspension du langage = silence en face de silence (extinction) du
désir
Suspension de l'altérité = unité (amour) en face
de vie droite, altruiste, détachée (la “ Voie ”).
Bien sûr, dans les deux démarches que nous avons tenté
de décrire de façon très incomplète et simplificatrice,
dans les deux états de l'esprit auxquels elles aboutissent, il
est fait l'économie de toute idée d'au-delà et
cela pour une double raison. D'abord parce que cette idée est
absente du bouddhisme : la réincarnation nie en fait l'au-delà
en reconduisant sur terre, “ la vraie délivrance du bouddhiste
étant celle obtenue dans l'état de nirvâna dès
ici-bas... et ne retarde point jusque dans l'au-delà la réalisation
des promesses de salut ” (Alexandra David-Néel). Ensuite
parce que le christianisme qui parle, certes, d'un au-delà n'en
sait en vérité que bien peu de choses et ne peut raisonnablement
que s'en remettre à Dieu qu'il sait bon : c'est là sa
certitude.
Si l'on en reste donc à cette vie et dans ce monde, on arriverait
ainsi à trouver quelques fortes raisons de rapprocher la recherche
du bouddhiste qui, à travers la méditation, progresse
vers la délivrance et l'intrusion, subite ou recherchée,
de la grâce dans la vie terrestre du chrétien. Cette intrusion
est aussi, selon le vocabulaire choisi, nommée découverte,
dans ce temps de nos vies, du Royaume de Dieu, ouverture à la
Vie éternelle, résurrection. Quelques citations à
mettre en rapport vont clore ce bref essai.
Citations
Mat 6, 33 : Préoccupez-vous d'abord du Royaume de Dieu et de
la vie juste qu'il demande et Dieu vous accordera aussi tout le reste.
Luc 18, 16 : Laissez les enfants venir à moi ! Ne les empêchez
pas, car le Royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme
eux.
Jean 3, 5 : Personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s'il ne
naît pas d'eau et de l'Esprit Saint.
Jean 17, 3 : La vie éternelle consiste pour eux à te
connaître, toi le seul véritable Dieu et à connaître
Jésus-Christ que tu as envoyé.
Milanda panha IV, VII, 13-17 : “ Qu'est-ce que le Nirvâna
? ” Explique-moi par une similitude.
- Existe-t-il, ô roi, une chose qui est le vent ? - Certainement.
- Veuille donc me montrer le vent, je te prie, ô roi, soit par
sa couleur, sa forme, soit comme étant mince ou épais,
ou long ou court.
- Le vent, Nâgaséna, ne peut être perçu
de cette façon. II n'est point dans sa nature qu'il puisse être
pris en main et saisi. II n'en existe pas moins...
- De même, aussi, ô roi, le Nirvâna existe-t-il
quoiqu'on ne puisse le montrer par des couleurs ou des formes.
Fo-sho-hong-tsan-king : Je ne cherche nulle récompense, pas
même à renaître dans le Ciel, mais je cherche le
bien des hommes, je cherche à ramener ceux qui sont égarés,
à éclairer ceux qui vivent dans les ténèbres
de l'erreur, à bannir du monde toute peine et toute souffrance.
Dhammapada : Allège, ô disciple, cette barque pesante,
vidée elle voguera légèrement. Quand tu seras affranchi
des haines et des désirs, tu atteindras le Nirvâna.
Dvayatânupassanâsutta : En celui qui est charitable, la
vertu croîtra. En celui qui se dompte lui-même, nulle colère
ne peut s'élever. L'homme juste rejette toute méchanceté.
Par l'extirpation de la convoitise, de l'amertume, Et de toute illusion,
tu atteindras le Nirvâna.
Évangile et Liberté
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Humour
Humour et science
Quelle est la vitesse d'un corps à
l'arrêt
A quelle vitesse va-t-on quand on ne bouge pas ?
Pour quelqu'un qui se tient à côté de vous à
l'équateur, à zéro degré de latitude, vous
êtes immobiles. Pour un martien en orbite autour de la Terre,
vous filez à 1675 kilomêtres à l'heure.
Vu du Soleil, vous semblez monté sur un manège tournant
à 96 540 kilomètres à l'heure autour de notre étoile.
Vue de la galaxie d'Andromède, la Terre tournoie sur elle-même
en décrivant une orbite autour du Soleil et une spirale à
travers la Voie lactée à environ 852 770 kilomètres
à l'heure.
Faites le total ; vous vous déplacez à 950 985 kilomètres
à l'heure ! Mais pas si vite : l'Univers est en expansion, il
est donc impossible de calculer précisément votre vitesse.
SANS APPEL - LES GRANDS-MÈRES
Dernièrement, lors d'une réunion
de personnes agées, nous avons lu des lettres d'enfants à
qui nous avions demandé de nous décrire les grands-mères.
Voici l'une de ces lettres, envoyée par un enfant de huit ans
:
Une grand-mère est une femme qui n'a pas d'enfants à
elle. C'est pour ça qu'elle aime les enfants des autres. Les
grands-mères n'ont rien à faire. Elles n'ont qu'à
être là. Elles savent qu'on a toujours besoin d'un deuxième
morceau de gâteau, ou du plus gros. Elles savent aussi être
sourdes quand il faut, pour ne pas nous gêner quand nous sommes
maladroits. Quand ellles nous lisent des histoires, elles ne sautent
jamais un bout, et elles n'ont rien contre si on réclame la même
histoire plusieurs fois. Les grands-mères ne sont pas aussi fragiles
qu'elles le disent, même si elles meurent plus souvent que nous.
Tout le monde devrait essayer d'avoir une grand-mère, surtout
ceux qui n'ont pas la télé.
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Choix de livres
LES PROTESTANTS. Textes recueillis et présentés par
Simon Sire-Fougères - Editions de la Martinière - 80 pages
- 10x21 - 10 e.
Cette brochure est très agréable
à découvrir. C'est un mariage réussi d'excellentes
images en couleurs (Van Gogh, Rembrendt, photos d'actualité
protestante, portraits, documents) et de textes très courts
et significatifs (J.S. Bach, Paul Ricoeur, S. Castellion, Théodore
Monod, Niemöller, Rabaud St Etienne, William Booth, Martin-Luther
King, Luther, Calvin, Albert Schweitzer, Bonhoeffer, P. Bayle). Cette
petite publication d'art est destinée à faire connaitre
le protestantisme dans sa spiritualité, son histoire et ses
oeuvres. Cette présentation peut aider à sortir nos
contemporains d'une ignorance générale du protestantisme.
Christian Mazel
LES CHEMINS DE LA VIE SPIRITUELLE (Esquisse d'une spiritualité
protestante) - Louis Schweitzer - Editions Excelsis, 26450 Cléon
d'Andran - 158 pages - 13,5x19,5 - 15 e.
Dans la première partie “
Dieu et l'être humain ”, l'auteur aborde les questions
du péché, du salut, de la conversion et de la sanctification.
Dans la seconde partie sont traités dans “ la pratique
de la vie spirituelle ” l'Église, l'Écriture, la
prière et la vie quotidienne. L'orientation de la pensée
se veut “ protestante ” et se situe dans le courant “
évangélique ” (Avant-propos). Le style est clair.
Les explications veulent se baser sur la Bible. Elles sont très
accéssibles et ouvertes. L'auteur est directeur de l'Ecole
Pastorale de Massy et enseigne au Centre Théologique de Vaux-sur-Seine.
Christian Mazel
LE SOURIRE DE DIEU (dans l'histoire des hommes) - Raymond Sansen
- Editions du Cerf - 240 Pages 13,5x19,5 - 20 e.
A travers la Bible à pleines
pages, par Jésus inattendu mais vrai, par les saints et saintes,
par les chrétiens, Dieu sourit. Dans les évènements,
en dépit des horreurs et des larmes, Dieu sourit. Dans les
événements, en dépit des horreurs et des larmes,
Dieu sourit. Avec érudition et en convoquant des écrivains
et des philosophes imprévus, le doyen de la faculté
libre des lettres et sciences humaines de Lille fait découvrir
la joie communicative de Dieu. Le sourire de Dieu est le vrai visge
de l'amour.
Christian Mazel
CAMUS ET BONHOEFFER (Rencontre de 2 humanismes) - Arnaud Corbic -
Editions Labor et Fides ; Diffusion France et Belgique Sofedis Paris
- 112 pages - 14,5x13,5 - 13,35 e.
Qu'ont en commun le penseur athée
A. Camus et le théologicien allemand D. Bonhoeffer ? Leurs
origines sociales et culturelles, leurs positions personnelles et
intellectuelles les opposent. L'humanisme non-religieux et l'humanisme
chrétien, philosophie et théologie paraissent séparés.
Et pourtant l'auteur (prêtre et franciscain) joint ces 2 écrivains
qu'il apprécient beaucoup, sur une définition commune
de l'humanisme non-religieux, valeur si nécessaire aujourd'hui.
Le dialogue entre les 2 penseurs fait ressortir la fécondité
d'un questionnement et d'un éclairage mutuels et inattendus
de l'un par l'autre. Il existe beaucoup de Camus chez Bonhoeffer et
de Bonhoeffer chez Camus. Préface de Joseph Moingt.
Christian Mazel
UN PASTEUR EN POLITIQUE - René Cruse - Editeur, Librairie
du boulevard, 34 rue de Carouge, CH 1205 Genève - Tél.
022 328 70 54 - Brochure 23 pages - 15x21 - 1,37 e.
Cette conférence (donnée
en 1970) veut expliquer qu'on ne peut avoir un vrai engagement de
foi chrétienne sans entrer dans le combat politique. Les chrétiens
ne peuvent pas ne pas se lancer dans les prises de position concrêtes
et dans l'actualité en proposant la non-violence. On retrouve
la recherche passionnée de lucidité et de sincérité
du pasteur Cruze et sa volonté de pourfendre les dissimulations,
les compromissions et les hypocrisies des organismes ecclésiastiques.
Le style est clair et l'argumentation volontairement percutante
Christian Mazel
LE VATICAN CONTRE LES JUIFS ; LE RÔLE DE LA PAPAUTÉ
(Dans l'émergence de l'antisémitisme moderne) - Ketzer
DAVID - Editions Laffont 2003 - Paris - 398 pages - Trad. Amer.
Le dossier est accablant pour le
Vatican. De la Restauration de 1815 à 1938 - publication des
lois racistes italiennes - Il a alimenté un antijudaïsme,
prônant l'exclusion des israelites de la société
civile. Certaines mesures, au coeur du XIXe siècle, frôlent
la barbarie : les ghettos ravagés par le choléra, car
surpeuplés, les litanies sur les meurtres rituels, en 1993
encore, propagées par les jésuites de Civilita Cattolica
(mais en France, en 1880, la Croix...). Au XXe siècle, les
ombres subsistent avec la figure inquiétante de l'influent
Benigni qui a fréquenté Pie XII, Benigbi qui a publié
en italien l'un des chefs d'oeuvre de la littérature faussaire
de tous les temps, les Protocoles des sages de Sion...
Jean Georgelin
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sommaire du N°
Dans le monde des religions
PAYS BAS - Centre d'étude du pentecotisme à Amsterdam
Entreprise commune des Facultés
de théologie et sciences sociales de l'Université, un
Centre d'étude du pentecotisme a été créé
à Amsterdam. Le pentecotisme datant du début XXe siècle,
affirme représenter un quart des chrétiens dans le monde.
Le mouvement est marqué par la spontanéité dans
le culte, le “ parler en langues ”, la prophétie
et la guérison.
INDE - Restriction de liberté pour les Chrétiens
L'assemblée législative
de l'État de Gujarat prévoit 3 ans de prison et une
amende de 50000 roupies (1045 $) pour toute conversion religieuse
obtenue “ par la force ou la ruse ”. Cette législation
est un “ acte de harcelement des minorités, par particulier
chrétiennes parce qu'elle leur interdit de pratiquer leur foi
” déplore le Conseil national des Églises de l'Inde.
VATICAN - L'encyclique du pape sur l'inter-communion
Le 17 avril (jeudi Saint-Dernier
repas de Jésus) Jean-Paul II a signé au Vatican une
encyclique “ Ecclesia Eucharistia ” (l'église vit
de l'eucharistie) qui réaffirme le rejet de l'intercomunion
(“ l'hospitalité eucharistique ”) avec d'autres Églises.
Certains sont préoccupés par les implications pour le
dialogue oecuménique. Après la signature en 1999 d'une
déclaration commune, le pasteur luthérien Noko (FLM)
déclare l'importance de parvenir à des accords doctrinaux
peut être mis en question. Le message papal est particulièrement
sesible pour les dizaines de milliers de protestants et catholiques
qui se rassemblent à Berlin fin mai pour le Kirchentag.
COLOMBIE - La violence jusque dans les Églises
Les Églises colombiennes deviennent
de plus en plus les cibles de la violence perpétrée
aussi bien par des groupes de gauche que de droite. “ Auparavant,
les Églises étaient à l'écart du conflit.
Mais ce n'est plus le cas ”, a constaté une militante
pour la défense des droits de la personne, membre d'une Église
protestante, lors d'un forum tenu à New-York. Elle a souligné
que la militarisation croissante du pays accentuait la spirale de
la violence et laissait la société colombienne désemparée.
Même des ecclésiastiques apolitiques entre autres des
pasteurs de petites Églises indépendantes protestantes
ou pentecôtistes des régions rurales, sont menacés,
simplement parce qu'ils offrent un refuge à ceux qui fuient
les conflits.
Près de 27000 assassinats, 2700 enlèvements et 862
attentats ont été commis en moyenne chaque année
en Colombie entre 1996 et 2002, selon un rapport officiel publié
à Bogota. Les enlèvements ont augmenté de 85,7
% entre 1996 et 2002 avec une pointe à 3706 en 2000.
KENYA - Purification d'un ancien lieu de torture
Plusieurs responsables religieux
du Kenya ont décidé de procéder à une
cérémonie de purification dans un bâtiment de
la capitale Nairobi où des salles de torture secrètes
viennent d'être découvertes. Les dirigeants des Églises
catholique romaine, anglicane et presbytérienne ont précisé
qu'il était nécessaire de purifier spirituellement Nyayo
House - un bâtiment de 24 étages au centre de la ville
- des actes de tortures exercés à l'ncontre de personnes
considérées comme mençantes pour l'État
par l'ancien président du pays. “ La purification est
symbolique, car elle permet de montrer que cela appartient au passé
”, a notamment fait remarquer Jesse Kamau, président de
l'Église presbytérienne. “ Mais nous devons faire
en sorte que cela soit bien fait ”. Depuis la découverte
des cellules, l'endroit a été ouvert au public, et comme
en Afrique du sud à Robben Island, ce sont les anciens prisonniers
qui se chargent des visites.
NORVÈGE - Mariage offert par un pasteur
Un pasteur luthérien constatant
que de nombreux couples qui vivent déjà ensemble hésitent
à se marier en raison des frais que représente un mariage,
a persuadé les entreprises locales d'offrir aux couples les
fleurs, les photographies, la coiffure, entre autre services, pour
le grand jour. Seules les alliances devront être assumées
par le couple. Au départ, un seul jour avait été
prévu pour la célébration de ces mariages sans
frais - le 24 mai. Mais la demande a été si forte (vingt-trois
couples se sont déjà inscrits) qu'il a fallu prévoir
trois jours. Par ailleurs, le pasteur a dû demander l'aide de
collègues pour célébrer les cérémonies.
Il affirme vouloir ainsi encourager positivement les couples à
se marier.
BELGIQUE - BRUXELLES - Mariage dans le vent !
Un couple a dû se marier en
plein air parce que l'officier d'État civil craignait une contamination
par le virus de la pneumonie atypique, la jeune épouse étant
rentrée de Chine depuis quelques jours à peine. Installé
à une quinzaine de mètres des amoureux sur la petite
place qui jouxte l'Hôtel de ville, l'échevin (adjoint
au maire) a procédé au mariage le dos au vent. “
Il s'agissait tout simplement d'une précaution. Je ne pouvais
risquer quoi que ce soit pour les personnes qui venaient célébrer
leurs noces d'or dans l'après-midi à l'intérieur
de la maison communales ”.
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sommaire du N°
Forum d'idées à débattre
Cette nouvelle chronique est ouverte aux articles dont les auteurs
acceptent que soient publiées des réactions critiques
courtoises de lecteurs abonnés. Toute recherche de critiques
adressées à la rédaction du n°163 serait
fallacieuse et toute coïncidence fortuite.
Christian Mazel
ÉPITRE AUX ROMAINS ET APPARATCHIKS
Extrait d'un livre récent
(non théologique). Nina Berberova est écrivain russe.
Née en 1901, elle grandit en milieu soviétique jusqu'en
1925, puis, émigra en France pendant 25 ans (1925-1950) et
finalement aux USA où elle est décédée
en 1993. Elle a écrit (en russe et fait traduire) 25 autres
livres.
Comment Paul est-il reçu lors des milieux chrétiens,
par certains intellectuels contemporains...
...“ Ensuite, il a parlé du Nouveau Testament, en disant
qu'il avait relu l'Épître aux Romains quelques jours
auparavant et qu'il en avait retiré une impression affligeante
: il eût suffi de remplacer les circoncis par les membres du
parti, le Père, le fils et l'Esprit saint par d'autres noms
(qu'il hait), pour qu'on eût l'impression qu'un haut dignitaire
d'une certaine organisation internatioale écrivait à
ses apparachiks, ses subordonnés et ses partisans, la même
promesse de la destruction prochaine du capitalisme (bientôt
Satan sera anéanti), le même ordre : Ne réfléchissez
pas trop (soyez humbles d'esprit) ; la même clameur : Pas de
débats d'opinions ! et un conseil bien clair : Soumettez vous
aux autorités supérieures (car il n'y a point d'autorité
qui ne vienne de Dieu). Il y a même des paroles sur la paix
et l'édification mutuelle, la discipline et l'autocritique.
Mais surtout il faut que tous pensent et disent la même chose...
Pour moi, de tous les livres saints, seul l'Évangile est
précieux... l'Évangile a joué pour moi dans mon
enfance, un rôle immense... ”
Nina Berberova - “ Le cap des tempêtes ” - Actes
Sud 2002 - p. 62-63
Texte proposé par Louis Simon
LA BIBLE PAROLE DE DIEU ?
On nous rebat les oreilles de “
l'année de la Bible ”. La Bible “ Parole de Dieu
”, sans autre explication !
Je voudrais que soient examinées quelques questions, notamment
:
1. Pourquoi le “ sola scriptura ” protestant ?
2. La Bible est-elle “ inspirée ” de bout en bout
? Si oui, pouquoi prêche-t-on toujours sur les mêmes textes,
de préférence dans le nouveau testament, jamais sur
certains autres ?
3. Tous les types de lecture se valent-ils ? Certains recours au
symbolisme et à l'allégorisation des textes que l'on
pratique dans les prédications sont-ils légitimes ?
Est-il légitime d'user de la Bible comme d'un livre de recettes
: “ Qu'est-ce que la Bible nous dit de la femme, de l'étranger,
du travail, de la famille, de l'homosexualité, etc ? ”
J.C. W (05100)
HOMOSEXUALITÉ
On est passé en ce qui concerne
la société d'un excès où l'on envoyait
au bûcher ceux qu'on considérait comme des monstres à
un autre excès où on considère qu'ils peuvent
constituer une norme comme une autre. Or cette norme n'est pas comme
une autre. Il est notoire qu'un enfant qui vit sans une référence
“ maternelle ” et une référence “ paternelle
” fussent-elles différentes de ses parents biologiques
ne pourra pas se constituer une personnalité normalement sexuée.
Le sexe n'est pas seulement génétique, il est aussi
culturel... et hormonal... pour une part au moins.
Un embryon masculin soumis in utéro à certaines périodes
de son développement à un manque hormonal présentera
plus tard plus fréquemment au cours de sa vie des troubles
de l'identité sexuelle. Cette personne n'aura alors pas fait
un choix (contrairement à ce qu'elle pensera peut-être)
elle aura été victime d'une pathologie.
Il n'est pas convevable de condamner un malade pour sa maladie,
elle ne l'empêche pas d'être aussi humain que les autres,
mais cela ne veut pas dire pour autant que la maladie est une norme
aussi valable que la bonne santé.
Si les diabétiques, les hypertendus, les hypothyroidiens,
les nains sont aussi respectables que les autres cela ne veut pas
dire qu'il ne faut pas lutter non pas contre eux, mais pour eux, contre
leur maladie. Si l'homosexualité n'est pas une maladie, elle
n'en est pas non plus complètement distincte, et elle n'est
probablement pas plus “ souhaitable ” que le diabète.
Docteur gynécologue J-M. H.
Auch (Gers)
CONFLITS SANGUINAIRES ET IDENTITÉ PROFONDE
En réalité, le monde
moderne pragmatique et technologique méconnaît que le
comportement des individus et des peuples reste totalement tributaire
de leurs cultures ancestrales spécifiques.
Depuis l'aube de la conscience humaine, l'individu, à l'instar
des animaux, ne sait pas encore exister sans dominer son environnement
immédiat auquel il impose sa loi, quitte à détruire
tout ce qui s'oppose à celle-ci. Ces réflexes primaires
naturels méconnaissent la réalité biologique
et psychique qui veut qu'en chaque être humain existe une entité
unique disposant d'aptitudes particulières indispensables à
l'élaboration du bien de l'humanité entière.
Pour pouvoir intégrer cette vérité incontournable,
mentionnée mais mal assimilée par les religions, il
faut au préalable avoir atteint une maturité individuelle
permettant à chaque personnalité l'écoute de
son intuition (antidote du délire), c'est-à-dire de
son identité profonde. Cette identité profonde permet
d'observer les harmonies incommensurables de la nature, permet la
genèse d'émotions saines face à l'immensité
cosmique, pour finalement induire des élans à l'adresse
de l'inouïe Grandeur, qui fait que nous avons un oeil et des
pieds sur la planête Terre pour vivre cela.
Avoir le privilège de connaître de tels moments de
grâce et de joie souvent inexprimable dans notre état
de chair et de sang, nous permet de ressentir l'existence d'une référence
par rapoort à laquelle tout existe et subsiste dans l'univers
visible et invisible.
De telles considérations saintes nous conduisent naturellement
à reconnaitre qu'en chaque être vivant, au-delà
des cultures et des races, réside une dimension inviolable
et sacrée qui porte témoignage du fait qu'il n'existe
pas sous le ciel d'autre méthodologie que celle évoquée
ci-dessus, capable de combler le coeur et l'esprit insatiable de l'humain
et apte à générer la réelle paix sur Terre
et dans l'univers.
Léonard Sztejnberg
A quoi sert la liberté ?
Sans doute à travailler sans
relâche
pour qu'apparaisse en nous et autour de nous
de plus en plus
visiblement
l'humanité voulue par Dieu à son image ?
Merci de soutenir Évangile & liberté
en vous abonnant :)
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