Liban, Malaisie
Censures diverses…
A priori, ces deux
pays n’ont guère de choses en commun. Sinon, la censure
d’un autre temps qui y sévit encore. Au Liban, c’est
« Da Vinci Code », le fameux thriller controversé
de Dan Brown qui a été interdit. Les pressions du Centre
catholique d’information libanais qui se plaignait que le roman
« blesse la foi des chrétiens » ont été
très efficaces. Et le Liban, première nation a interdire
le livre, se révèle bien peu respectueux de la liberté
de pensée de ses citoyens !
En Malaisie, c’est le film « La Passion du
Christ », de Mel Gibson qui est interdit par le Bureau de censure
cinématographique à tous ceux qui ne sont pas chrétiens...
Le film pourra être projeté dans les églises et
dans les salles publiques à la condition que les spectateurs
soient uniquement des chrétiens (le contrôle est facilité
par la mention de la religion sur la carte d’identité).
L’interdiction aux musulmans est motivée par le fait que
la Fédération de Malaisie, dont la religion officielle
est l’islam*, interdit la reproduction par l’image d’un
prophète cité dans le Coran – ce qui est le cas de
Jésus. Mais dans un pays où l’on se targue d’une
politique gouvernementale de tolérance interreligieuse, des intellectuels,
journalistes, politiques, dénoncent cette restriction qui «
semblerait impliquer que les musulmans de Malaisie sont fragiles dans
leur foi et faciles à séduire par d’autres croyances
religi-euses » alors que le Premier ministre malais plaide par
ailleurs pour « un effort concerté pour initier un dialogue
interreligieux ». On peut être contre la censure, qui n’est
jamais le signe d’une bonne santé des libertés civiles.
On peut aussi se demander si le film de Mel Gibson est un bon cheval
pour initier un dialogue interreligieux intelligent !
* Population malaise : 50 % musulmans, 24 % confucéens, 6
% bouddhistes, 8 % hindous, 7 % chrétiens, 2 % sikhs.
Football
Priez Saint Foot pour la victoire…
Elwin Cockett, un prêtre
anglican fan de football, avait, pour l’Euro 2004, rédigé
une prière « inclusive » où les spectateurs
dans le stade, les téléspectateurs, les joueurs, les officiels,
les organisateurs étaient remis à la garde de Dieu. «
Nous te prions surtout pour notre équipe nationale [Angleterre].
Nous te remercions pour le talent et le brio que tu as donné
aux joueurs. Pour la joie et le plaisir qu’ils offrent. Donne-leur
les ailes de l’aigle et le courage du lion. Que leurs blessures
soient guéries et leurs esprits concentrés. Afin qu’en
donnant le meilleur d’eux-mêmes ils te rendent témoignage.
A toi leur Créateur.» Cette prière serait-elle jugée
acceptable par le ministre norvégien de la Culture et des Affaires
religieuses ? Il vient de monter au créneau contre ces pasteurs
qui prient, en chaire, pour que leur équipe favorite soit victorieuse.
« Prier pour le foot est banal et désinvolte », a
déclaré le ministre dont l’intervention s’explique
par le fait que l’Eglise luthérienne de Norvège est
Eglise d’Etat. Ce n’est pas l’avis d’un évêque
luthérien norvégien pour qui « prier pour gagner
ne doit sûrement pas paraître étrange à Dieu
». 1 but partout ?
Enfin au Bangladesh, pays musulman, le football au féminin
a été déclaré « invention du diable
» par des religieux conservateurs. Ils ont manifesté le
8 octobre contre l’organisation du premier championnat de football
réservé aux femmes avec des pancartes proclamant «
Stop aux activités contraires à l’islam, préservons
le caractère sacré de la femme ! » La Fédération
bangladaise de football a fait savoir qu’elle ne se laisserait
pas intimider par les barbus et le premier match féminin s’est
déroulé dans la capitale.
Europe
Imams, Voile, Burqua…
L’imam de Vénissieux
Abd el Kader Bouziane a finalement été expulsé
une nouvelle fois vers l’Algérie, le Conseil d’État
annulant la suspension de l’arrêté d’expulsion.
On a dit que les R.G. l’accusaient de prêcher le djihad dans
sa mosquée. On dénonçait son interview dans Lyon-Magazine
où il prônait les châtiments corporels sur les femmes,
châtiments en accord, disait-il avec le Coran. On l’accusait
surtout, dans sa communauté, de vouloir vivre comme au temps
du Prophète un islam radical et déphasé et de mettre
en danger les jeunes comme l’explique Tahar Haji, président
de l’Assoc. des familles franco-maghrébines de Vénissieux
: « Il faut nettoyer nos quartiers de ces imposteurs qui politisent
l’islam. » Au même moment paraissait dans The Times
un article citant des leaders musulmans britanniques se plaignant d’imams
responsables d’écoles de mosquée où les enfants
subissaient des châtiments corporels, interdits en Grande-Bretagne
ou pire, des abus sexuels, couverts par le silence ou les menaces des
dirigeants. Les leaders musulmans dénon-çaient ces imams
étrangers – dans la majorité des 1200 mosquées
de Grande-Bretagne – « qui se croient au-dessus des lois,
considèrent leur mosquée comme une ambassade où
ils ont l’immunité diplomatique et dirigent leurs écoles
comme si elles étaient situées en Inde, au Pakistan, encouragés
par le traditionalisme des anciens. » Nombre de musulmans nés
en Grande-Bretagne, spécialement les femmes, veulent être
représentés par des imams élevés en Grande-Bretagne
et de culture britannique.
Enfin on parle plus de voile mais de burqua ces jours-ci.
En Italie, Drezzo (Prov.Como), une municipalité dont le maire
est un élu de la Ligue du Nord est partie en guerre contre une
habitante, récente convertie à l’islam qui après
un voyage à La Mecque a décidé de porter la burqua.
Depuis les amendes pleuvent, la dame refusant de l’enlever dans
les lieux publics. Pour ce faire on a ressorti un décret royal
de 1931, adopté sous le régime fasciste, qui interdit
de se promener masqué dans les lieux publics. Décret réactualisé
au moment des années de plomb et visant les terroristes des Brigades
rouges. Aujourd’hui les raisons de sécurité sont
invoquées pour le maintien de l’interdiction. A cela, la
dame répond que la loi précise que le visage peut être
couvert pour des motifs justifiés et que sa foi religieuse en
est un. Le préfet de Côme a annulé l’arrêté
municipal de Drezzo mais d’autres municipalités tenues par
la Ligue du Nord annoncent à leur tour l’interdiction de
la burqua. En attendant celle du voile islamique, un député
du parti « Forza Italia » de Berlusconi ayant déposé
un projet de loi en ce sens. Un journal italien a même traité
la burqua de « cheval de Troie des croyants musulmans, leur stratagème
pour introduire leur civilisation chez nous ». En France, la municipalité
de Montreuil (93) a interdit une manifestation «Le prêt
à porter des femmes musulmanes » où un défilé
de mode visait à démontrer la banalité du voile
mais aussi du hidjab ou de la burqua. De plus le défilé
était interdit aux hommes... !
Claudine
Castelnau