Emmanuel,
tel est, d’après Matthieu (1,23), le surnom donné à Jésus dans le récit de la nativité. Cette appellation d’origine hébraïque signifie « Dieu avec nous ». Elle exprime de manière concise la bonne nouvelle de Noël. L’histoire de l’humanité nous montre un être humain à la recherche d’un Dieu qui toujours nous demeure inaccessible. Noël nous rappelle que le véritable chercheur, ce n’est pas l’être humain, mais bien l’Éternel qui nous poursuit dans la quête infinie de son amour.
Nous n’avons pas à redouter la transcendance accusatrice d’un Dieu opposé à l’être humain. L’Évangile de Noël proclame que Dieu n’a pas besoin de notre écrasement pour être grand. L’Éternel est le Dieu d’une alliance, d’une rencontre, un partenaire, et non pas un adversaire. Il n’est pas un Dieu qui nous combat, nous accable et nous nie. Il y a entre lui et nous une véritable communion, dynamique et créatrice. Nous pouvons y puiser un élan et cela pour l’action, quelles que soient nos souffrances et nos joies.
« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,31), demande l’apôtre Paul. Son interrogation est une magnifique confession de foi ; elle dit, en Jésus, la bonne nouvelle, universaliste, de Noël : l’annonce d’un Dieu avec l’homme et pour lui. Amour de Dieu : ces trois mots expriment à la fois l’amour de Dieu pour nous et le nôtre pour lui. Mais ne nous appellent-ils pas simultanément à l’amour du prochain ? S’il est en effet toujours possible de construire notre vie, la cité et notre monde avec l’homme et sans Dieu, il devrait être impossible de les construire pour Dieu et contre l’homme. « Dieu est humain, disait Nicolas Berdiaeff, il n’y a que les hommes qui puissent être inhumains. » 
Laurent Gagnebin