
Numéro 200
Juin 2006
(ce numéro est intégralement
en ligne)
Sommaire & Résumés
(
: permet d'aller au corps de l'article)
Éditorial
L’église
invisible, par Laurent
Gagnebin,
L’église invisible.
Sa réalité ne doit pas nous conduire à discréditer,
dans le christianisme, tout ce qui appartient à l’ordre
de la visibilité : temples et cultes, rites et symboles,
par exemple. L’amour du prochain, dans ses manifestations à
la fois concrètes et discrètes, ne donne-t-il pas
d’ailleurs à cette visibilité des Églises
sa véritable expression ?... 
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Questionner
Plusieurs millions d’exemplaires de la presse people
sont lus chaque semaine, dévorés par un public
pas toujours populaire. Rêve ? Divertissement ? Échappée
hors de la vie réelle ? Du courage, peut-être,
pour supporter la grisaille du quotidien et, qui sait, quelque
dynamisme pour continuer à espérer qu’un
jour aussi... La fascination pour le panthéon des stars
ne comble-t-il pas le vide des dieux oubliés et ne répond-il
pas alors à un besoin de vénération probablement
ancré au cœur de l’humain ?
La presse « people
», par Claudine
Castelnau
La presse people, c’est Paris
Match, Point de vue, VSD, Gala, Voici, Public, Closer et d’autres
magazines encore, que mon kiosquier désigne d’un geste
fataliste et qui montent à l’assaut de son étal,
bien visibles avec leurs couvertures criardes et saturées
d’informations. Un afflux de titres impressionnant, sans compter
ceux que l’on annonce pour les mois à venir ! C’est
ce qu’on appelle la presse échotière, la presse
d’indiscrétions, dans le monde médiatique. En
un mot, la presse people... 
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Réagir
Les discussions récentes sur l’immigration et
les réactions de certaines Églises au projet de
loi de Nicolas Sarkozy reposent la question de notre rapport
à l’étranger, abordée ici dans une
perspective théologique et spirituelle.
L’étranger,
ou le risque de la rencontre, par Raphaël
Picon
Avant toute considération
au sujet de l’étranger, rappelons que celui-ci ne saurait
être pensé comme un concept ou un symbole. L’étranger
est souvent, avant tout, un exilé aux liens rompus, aux origines
brisées, en quête d’une terre habitable. Ces situations
douloureuses appellent d’elles-mêmes une solidarité
que de nombreux textes bibliques soutiennent, même si la rencontre
ne peut se faire sans heurts...
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Ces mots qu'on n'aime pas
Temple, par Bernard
Félix
Oui, je viens dans
son Temple adorer l’Éternel...
Ces premiers vers d’Athalie, ma mère les récitait,
légèrement sarcastique, quand nous prenions le métro
afin de nous rendre à l’Oratoire du Louvre. Et elle
nous expliquait pourquoi ce « temple » n’en était
pas un à proprement parler... 
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Série : la foi
5. Foi et espérance,
par André
Gounelle
Les religions, philosophies et
spiritualités apprécient différemment la valeur
du monde et divergent sur l’attitude que le croyant doit y
adopter. En simplifiant, on peut distinguer deux grandes tendances...

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Billet
Théologie
du rasoir, par Jean-Marie
de Bourqueney
On ne le dira jamais assez : avant
la révolution du téléphone portable, qui a
individualisé la communication, il y eut la révolution
du rasoir « jetable ». Souvenez-vous, c’était
hier... 
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Commenter
Cette lecture particulière du Prologue de l’évangile
de Jean nous est proposée par un lecteur. Elle est basée
sur la structure en « enchâssements symétriques
», courante dans la Bible et consistant à déployer
les différents thèmes symétriquement par
rapport à un thème central. Ainsi le centre du
message serait plus axé sur l’engagement demandé
au croyant que sur l’affirmation de la Parole faite chair.
Encore le Prologue
! (Jean 1,1-18), par Jacques
Couton
Nos bibles de famille donnent parfois
des « titres » à des passages du texte pour souligner
l’idée essentielle qu’ils contiennent. Évidemment
ces « titres » nous permettent de feuilleter les pages
en ne s’arrêtant qu’au paragraphe dont le contenu
nous est annoncé. C’est plus rapide et, avouons-le,
plus pratique. Mais, c’est très réducteur. Le
titre donné au Prologue de l’évangile de Jean
est, souvent, « La Parole faite chair ». Cet intitulé
met l’accent sur l’incarnation de la « Parole ».
C’est évidemment fondamental mais ne saurait résumer
ce texte du Prologue si dense et mystérieux... 
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Cahier : Cinéma et mythes
Chaque année, le Festival de Cannes
met le cinéma à la « une » de l’actualité.
Cet événement, en dehors de son aspect médiatique
et « people », nous donne l’occasion de réfléchir
sur le « septième art », comme l’a appelé
Riccioto Canudo, en 1911.
Le cinéma est issu d’une double filiation :
D’abord, et essentiellement, il relate une histoire,
drame ou comédie. Il succède en cela au théâtre
(et à l’opéra), eux-mêmes héritiers
des troubadours et autres conteurs du passé. Présenter
un récit de façon aussi captivante et vivante que
possible, amener l’auditeur à s’identifier aux
héros, lui faire vivre « pour de faux » une
histoire dont on ne cherche pas vraiment à savoir si elle
est vraie, voilà les ingrédients communs de ces
arts du conte, déjà présents dans l’épopée
de Gilgamesh. C’est de cette parenté que le cinéma
hérite son aspect temporel.
Mais la naissance du cinéma en tant que tel n’a
été possible qu’après l’invention
de la photographie, dont il utilise les moyens techniques et esthétiques.
De ce côté, qui le sépare du théâtre
et du conte, il hérite de la peinture, ancêtre de
la photographie. On peut donc lui trouver une origine dans les
peintures de la grotte Chauvet, qui datent de 30 000 ans.
Cette forme visuelle a une grande importance car l’image
a un pouvoir fascinant qui réduit les possibilités
d’interprétation, et rend le récit très
« réel ». Le spectateur est confronté
à une histoire qui devient la sienne, et qui suscite fortement
son émotion. La possibilité de recul est bien moindre
qu’avec un conte oral, ou un livre, un écrit, puisque
l’imagination n’a presque plus de place. La «
bande son » accroît encore cette dépendance,
par des suggestions d’ambiance que le spectateur subit et
dont il est prisonnier.
Le cinéma trouve des racines à l’aube
de l’humanité, et ces origines lointaines peuvent
expliquer pourquoi il a toujours été associé
aux mythes, auxquels il emprunte des sources d’inspiration.
Mais le cinéma est aussi un art de l’âge de
la technique, qui a transformé la relation du spectateur
à l’histoire.
L’association « Pro-Fil », d’inspiration
protestante, fondée en 1992 par le pasteur Jean Domon,
s’est donnée pour but de « promouvoir, comme
témoins de notre temps, les films dont la qualité
artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain
».
Trois de ses membres, Jean Domon, Jean Lods et Waltraud Verlaguet,
présentent dans ce cahier la mythologie et les mythes avant
d’explorer sous cet aspect trois films récents ayant
eu un grand succès : « Le seigneur des anneaux »,
« Matrix », et « Rois et reine ». La passion
de nos contemporains pour les épopées mythiques
au cinéma n’est-elle pas le signe d’un vide existentiel,
d’un questionnement sur les origines, l’avenir, le bien
et le mal ?
Marie-Noële et Jean-Luc Duchêne.
Cinéma
et nouvelles mythologies, par Jean
Domon
Le
mythe des mythes, par Waltraud
Verlaguet
Le
Seigneur des anneaux, livre et film, par Jean
Domon
La
machine Matrix, par Jean
Domon
L’Olympe
revisité, par Jean
Lods
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Vivre
Un coup pour rien,
par Henri Persoz
Dans l’immense hall de la
nouvelle Gare du Nord, je marchais pensivement, lorsque je reçus
un assez violent coup de poing à l’épaule. Cela
doit être, me suis-je dit, un ami trop costaud qui m’interpelle
à sa manière. Tournant la tête vers l’auteur
du coup, il ne me rappelait personne et n’avait pas l’air
non plus de me reconnaître. C’était une jeune
femme qui ne demandait rien, sauf peut-être que l’on
fasse attention à elle... 
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Dans le monde et dans les Églises
par Claudine
Castelnau
Chine : Une
bible pour chaque Chinois... 
Vietnam : Peut
mieux faire 
Roumanie :
Dracula banni 
Irlande : Surprise
œcuménique ! 
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Dialoguer
Libre pensée chrétienne, tel est le titre d’un
bulletin publié en Belgique par une petite équipe
de catholiques, principalement laïcs, désireux de
vivre et faire connaître un christianisme d’ouverture.
Son projet est aussi d’écrire librement et de proposer
des textes liturgiques ou catéchétiques en marge
des textes officiels.
Pour
un message chrétien crédible aujourd'hui
L. Gagnebin : Pouvez-vous nous dire comment est née «
Libre Pensée Chrétienne » et quels sont principalement
ses adhérents ?
L.P.C. : Un groupe paroissial intitulé « Formation
chrétienne » a continué ses activités
avec le curé à la retraite en choisissant un autre
nom et des objectifs plus larges. Ses adhérents sont surtout
des chrétiens qui souhaitent une actualisation crédible
du message chrétien... 
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Débattre
On n’a pas encore assez mesuré tout ce qui nous
sépare de la culture chinoise. Exemple : la notion de vérité.
Mais ce débat masque le vrai mensonge de la Chine : son
régime.
La
Chine, mensonge et vérité, par Antoine
Bosshard
Dans un ouvrage paru ce printemps,
le polytechnicien André Chieng, s’appuyant sur les travaux
du philosophe François Jullien, tente d’apprendre à
ses lecteurs occidentaux quelques-uns des détours de la pensée
chinoise (André Chieng, La pratique de la Chine, Grasset,
2006). Une pensée singulière qu’il affronte jour
après jour dans le monde des affaires. Premier concept abordé
: la vérité. Cette vérité que l’hebdomadaire
anglais The Economist réclamait des Chinois dans un article
retentissant de 2003. Mais qu’est-ce que la vérité
?... 
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Combattre
Depuis plusieurs années on assiste à des drames
associés à des violences à la fois «
ordinaires » et terrifiantes. Florence Taubmann, pasteur
à l’Oratoire du Louvre, donne des pistes de réflexion
sur ces atrocités : simples faits divers ou signes de barbarie
?
Faits divers ou signes
des temps ?, par Florence
Taubmann
Que peut-on penser de l’étalage
médiatique quotidien de tous ces faits divers qui mettent
en scène une violence aussi bien ordinaire que terrifiante
? Agressions, destruction de biens publics ou privés, viols
de jeunes filles, histoires de pédophilie, attaques crapuleuses
de personnes âgées, violences au sein de l’école,
meurtres… Certes ces mots font mal quand on les écrit,
mais journaux et informations télévisées nous
les lancent sans cesse à la vue et à l’esprit...
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Lire
Livre : Jean
Alexandre, Chants et déchants, Limoges, Lambert-Lucas édit.,
2005.
Livre : Hubert
Bost, Pierre Bayle, Genève, Labor et Fides 2006, 142 pages,
11€.
Revue : La
force de la prière, in Prier (Hors série n°81).
Textes rassemblés par l'ACAT pour Espérer, célébrer,
agir.
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Résonner 
Thierry Jopeck, d’abord visiteur de notre site Internet,
écrit maintenant régulièrement des critiques
de théâtre pour ce site, et nous sommes heureux de
sa participation. Il nous fait partager ici ses réactions
face à une photographie de Martin Parr.
Drôle
de Cène, par Thierry
Jopeck
Milieu des années 70, au
cœur du Yorkshire, le pays des Sœurs Brontë. Un tout
jeune homme de 25 ans, Martin Parr, rejoint une communauté
d’artistes comme il en fleurit tant. Là, il regarde
s’éteindre la classe des travailleurs, ouvriers et employés,
à laquelle Margaret Thatcher donnera bientôt le coup
de grâce et que son grand-père, George Parr, membre
de la Royal Photographic Society, n’a cessé de photographier
depuis un demi siècle. Le jeune homme pose son noir et blanc
sur les gestes ultimes, les vestiges de convivialité, les
rites sociaux, le dénuement, l’avenir sans dessein... 
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Nouvelles 
Colloque « Les protestants face au Judaïsme »

Nouveauté chez Van Dieren éditeur : John Cobb, Dieu
et le monde 
Le Journal Évangile & liberté fête ses 120
ans 
Année 2006 : 2006 abonnés
Les Journées du Protestantisme Libéral

Le Carnet d'É & l
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Courrier des Lecteurs
Évangile
& liberté comprend une page entière
consacrée au Courrier des lecteurs. Nous voulons ainsi une
page vive, animée, publiant librement vos réactions
à tel ou tel article. 
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Citation
Ô mon fils
ô mon bel amour
mon faiseur de miracle
je te connais
tu humilies
tu tortures tu assassines
tu détruis tu brûles
tu bombardes tu gazes
tu corromps tu souilles
tu trompes tu avilis
tu épouvantes tu rends fou
tu exploites tu achètes
tu pourris tu pourris tout.
Et après cela tu chantes
et tu ris
tu fêtes tout cela.
Et après cela tu pries
tu psalmodies
tu m’encenses tu me loues
tu m’églises tu me temples
tu me clergifies et tu me sanctifies.
Cesse je t’en prie de me mouiller dans tes sales histoires.
[...]
Nous chasserons
ensemble nous forcerons
toute la beauté du monde
à se lever devant nous.
Et il sera pour toi
quand nous le prendrons
le premier chant de la création.
Nous irons ensemble
mon fils
toi et moi.
Jean Alexandre,
«Le chant du père inconsolé »,
in Chants et déchants,
2005
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